Paul Eluard

Comprenne qui voudra

Au rendez-vous allemand

 

 

 

 

En ce temps-là, pour ne pas châtier les coupables,

on maltraitait des filles.

On allait même jusqu’à les tondre.

 

 

v.1        Comprenne qui voudra

Moi mon remords ce fut

La malheureuse qui resta

Sur le pavé

v.5       La victime raisonnable

A la robe déchirée

Au regard d’enfant perdue

Découronnée, défigurée

Celle qui ressemble aux morts

v.10     Qui sont morts pour être aimés

 

Une fille faite pour un bouquet

Et couverte

Du noir crachat des ténèbres

 

Une fille galante

v.15     Comme une aurore de premier mai

La plus aimable bête

 

Souillée et qui n’a pas compris

Qu’elle est souillée

Une bête prise au piège

v.20     Des amateurs de beauté

 

Et ma mère la femme

Voudrait bien dorloter

Cette image idéale

De son malheur sur terre.

 

 

Autre poème de P. Eluard : Courage

 

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